Les premières représentations wagnériennes au Capitole eurent lieu en 1891. On sait qu'à Paris, les opéras de Wagner eurent néanmoins bien du mal à être joués sur scène. La province ne connut pas de tels scandales. En 1891, le Capitole acheta à Lamoureux les costumes de la malheureuse production de Lohengrin de L’Éden Théâtre. Les représentations données par la troupe se passèrent le mieux du monde et l’encouragèrent à monter les autres opéras : Tannhäuser en 1892, Le Vaisseau fantôme en 1893.
La saison 1907 vit la création de La Walkyrie et la suivante celle de Siegfried. Bien évidemment, la guerre mit fin à tout cela et les opéras de Wagner furent interdits. La grande impulsion wagnérienne des années 20 vint du chef d'orchestre Aimé Kunc, grand prix de Rome, directeur du Conservatoire de Toulouse et chef d'orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire.
En 1927, on donna pour la première fois la Tétralogie dans son intégralité. Et Kunc fit venir les plus grands solistes de l'Opéra de Paris. La guerre n'interrompit rien et Saint-Cricq revint avec La Walkyrie en 1941 et Lohengrin en 1944. C'est pendant le règne de Louis Izar, qui avait lui même interprété le rôle de Mime avec succès, que Wagner va connaître son âge d'or au Capitole. Une première Tétralogie est reprise en 1948 : on chante encore en français et les gloires d'avant guerre sont toujours là…
Louis Izar va faire venir de Bayreuth les mises en scène de Wieland Wagner et les mythiques distributions d'alors. Dorénavant on chantera en allemand. Prenons l'exemple de La Walkyrie : en décembre 1950, Georges Sebastian y dirige Max Lorenz, Ferdinand Frantz, Helena Braun et Margarete Klose.
Et pour la saison 52-53, Leopold Ludwig affiche Martha Mödl, Leonie Rysanek, Max Lorenz et Hans Hotter! En 1955, Cluytens fait s'embraser, dans Tristan, Martha Mödl et Wolfgang Windgassen. Et en 1960, Berislav Klobucar vient présenter Lohengrin avec les chanteurs français qui ont triomphé sur la Colline Sacrée : Régine Crespin, Rita Gorr et Ernest Blanc.