C’est dans ce répertoire du Grand Opéra Français que s’illustrera, pendant toute la deuxième partie du siècle, la vaillante école de chant toulousaine. L’ouverture du Conservatoire en 1820 a permis de faire surgir tout une génération de chanteurs d’ exception. Évoquons les plus célèbres : Merly d’abord, né à Toulouse en 1828, et qui fit ses débuts à l’Opéra de Paris en 1851 dans le rôle de Marcel des Huguenots.
La légende veut que le registre de sa voix ait été à peu prés illimité. Comédien plus hésitant, Roudil était, lui, le plus pur et musical baryton que l’on puisse imaginer. Mais la plus romanesque des légendes est celle de Victor Capoul, ténor exquis mais surtout bourreau des cœurs et idole de toute une génération de dames. Il était né à Toulouse en 1839 et fut engagé à l’Opéra-Comique où il triompha dans Roméo et Juliette ou La Dame blanche. Sa carrière le mena de la Russie à Covent Garden et New York.
Il faut se souvenir également des frères Boyer : Justin, basse chantante, qui présida longtemps aux destinées du théâtre et Frédéric, baryton d’opéra-comique. Enfin, il faut évoquer le fabuleux personnage de Pedro Gailhard : né lui en 1848, il fut une des plus belles voix de basse chantante jamais entendues. Après ses premiers pas à l’Opéra- Comique, il débuta à l’Opéra dans Mephisto de Faust en 1871. Son Leporello de Don Giovanni lui valut les ovations les plus délirantes. Mais Pedro Gailhard fut aussi de 1884 à 1907 le directeur de l’Opéra.
Cependant, le bâtiment était réputé trop peu fiable et ces décennies furent marquées par d’interminables débats au sujet du meilleur emplacement possible. La peur même d’un incendie, qui eut dégénéré en catastrophe, persuada la municipalité de fermer le théâtre le 1er juin 1878.
Mais la peur de voir la Place du Capitole moins animée et l’impossibilité de trouver un terrain suffisamment grand dans le centre firent qu’une fois de plus on décida de le construire dans l’Hôtel de Ville.