C'est en ce début de dix-neuvième siècle que se posa pour la première fois la question de l'emplacement du théâtre. Fallait-il toujours le reconstruire dans l’enceinte de l’ Hôtel de Ville, malgré l'exiguïté des lieux, ou chercher un autre endroit ? On laissa cependant traîner les choses et, à la Restauration, on décida de rebâtir le théâtre à la même place. Les travaux furent confiés aux deux architectes parisiens Cellerier et Gisors et elle fut décorée par les peintres Joseph Roques, Julia et Wallaert.
Les travaux allèrent bon train et la salle put ouvrir le 1er octobre 1818 avec Les Jeux de l’amour et du hasard et Le Souper de Madelon. Elle contenait maintenant mille-neuf-cent-cinquante places.
Ayant coûté très cher, elle ne donna pourtant pas satisfaction. Améliorée en 1819, 1820, 1822, en 1830 où l’on tenta d’épuiser les eaux souterraines et en 1833, elle fut entièrement réaménagée en 1835. C’est cette salle qui pourtant abrita ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui l’un des âges d’or du Capitole.
En ces grandes années du Romantisme, Toulouse s’attira vite une réputation de capitale du bel canto. Quelques témoignages de l’époque nous la feraient presque confondre avec quelque rue de Naples… «A Toulouse, vous n’avez qu’à parcourir les rues, par une belle soirée d’été, pour entendre des concerts ravissants. Ce sont des ouvriers illettrés, tailleurs, maçons, qui répètent en chœur les plus beaux motifs de Rossini, de Weber et de Meyerbeer, avec une précision et un accent qui feraient honneur aux meilleurs musiciens. Le théâtre est leur école.» (Le Temps, 4 septembre 1833)