Si la Révolution amena de réels changements, elle fut d'abord pour le théâtre une période de bilan et d'inventaire. Les 17 et 26 fructidor de l'an III (septembre 1795) on fit paraître de nouveaux État des habits et des accessoires et État des décorations, qui nous montre le faste des productions : chars, tombeaux, pyramides, palais en tous genres…
Le théâtre fut rebaptisé Théâtre de la République : on y donnait certes les mêmes œuvres mais maintenant assorties d’hymnes patriotiques, entonnés à toutes les représentations. Et la censure chassa du répertoire toute pièce «propre à troubler la tranquillité publique, à dépraver l'esprit républicain et à réveiller l'amour de la royauté.» Le théâtre fut d'ailleurs placé sous le contrôle d'un syndicat qui représentait la municipalité.
Mais, à la fin du siècle, le Théâtre de la République va connaître une grave crise. En 1793 s’ouvre en effet un nouveau théâtre sur la même Place du Capitole, à l'entrée de la rue Roumenguières et dans les bâtiments du collège Saint-Martial. On lui donna le nom de Théâtre de la Liberté et de l’Égalité, mais les Toulousains, peu républicains, préféraient la nommer alors Salle Saint-Martial.
Mais sept ans plus tard, c'est l'état de sa rivale qui était devenu préoccupant et le Conseil Municipal se soucia de la réouverture de l'ancienne salle. Pourtant, Saint- Martial assura les représentations pendant plus de dix ans encore, le temps pour la ville d'édifier un nouveau Théâtre du Capitole, troisième du nom…