L'ancêtre du Théâtre du Capitole était une modeste salle qui dépendait de l'Auberge
du Logis de l’Écu, tout près
de la Maison de Ville. Elle se trouvait entre la Carriera
Romenguieras, rue du Poids-de-l'Huile, et le Donjon, un
peu en arrière de l'actuel bâtiment. Cette auberge avait été
acquise par les Capitouls et avait été reconstruite en
1538-1539.
L’endroit, nommé Comédie, n'était pas aménagé,
et, pour chaque représentation, l’on montait des tréteaux
qu'on démontait ensuite.
Quelques travaux furent effectué lors de la venue à Toulouse, en 1659, de Louis XIV.
Mais c'est seulement en 1671 que la scène fut installée de façon permanente et que
furent construites
des loges pour les Capitouls. Enfin, en 1687, s'ouvrit à
Toulouse, rue Montardy, une Académie Royale de Musique,
selon le modèle de celle qui existait à Paris.
Le nouveau genre fit d'abord scandale : les «escoliers» firent tumulte,
interrompaient
les représentations, et l'on fut obligé d'en arriver aux menaces et aux amendes. Alors
que les comédiens, sous l'influence de l’Église, avaient tant été rejetés, les
chanteurs furent mis, dès 1716, sous la protection royale. Enfin, le succès de l’
Académie - et à travers lui, celui du genre même - fut tel que l’ancienne Comédie
du Logis de l’Écu connut pendant quelques temps la complète défaveur du
public.
Bien que des travaux aient été effectues en 1701 et que la salle ait été entièrement
tapissée en 1730, les Capitouls décidèrent en 1736 de faire construire un nouveau
théâtre dans l'enceinte même du Capitole. Il ne devait plus la quitter. C'est Guillaume
Cammas, peintre et architecte de l'Hôtel de Ville, qui fut désigné pour sa réalisation.
Quatorze ans plus tard, Cammas devait parachever son chef-d'œuvre en élevant sur la
place la façade du bâtiment complet.