CHOEUR DU CAPITOLE
Un chœur d'opéra
Le chœur est un des éléments essentiels dans l'opéra. Historiquement, il naît avec Lully, Campra, Rameau et Mozart mais c'est au XIXe siècle qu'il occupe une place prépondérante dans les ouvrages lyriques. En France, Berlioz, Gounod et Bizet lui ont consacré des pages admirables. Si Verdi reste le maître incontesté (de Nabucco et La Forza del destino à Aida et Falstaff), c'est pourtant Wagner qui offre à l'auditeur averti les plus beaux modèles d'architecture sonore.
Il est important de noter le rôle capital joué par le chœur dans les opéras russes où il symbolise presque toujours le peuple souffrant. Dans Boris Godounov, il devient même l'élément principal de l'ouvrage. Cette importance du chœur n'a pas été remise en cause par les compositeurs du XXe siècle et Benjamin Britten, Dmitri Chostakovitch ou Olivier Messiaen ont su le mettre magistralement en valeur.
Le théâtre du Capitole possède un chœur depuis sa fondation à la fin du XVIIe siècle. Omniprésent dans le théâtre, il est pendant longtemps constitué de brillants amateurs, ouvriers, tailleurs, maçons… A Toulouse, il y a des voix ! Deux mesures nationales contribuent à cet état de fait : la création d'un conservatoire en 1820 qui permet de révéler les éléments locaux, puis l'extension de son rayonnement en 1840 grâce à une ordonnance royale qui érige l'école de musique toulousaine en succursale du conservatoire de Paris. Ces deux mesures produisent le meilleur effet sur la bonne marche du Capitole puisqu'elles permettent de faire étudier à de nombreux élèves le répertoire qui doit y être joué et de former en même temps que des chefs de pupitre des masses chorales importantes. En 1870, les spectacles sont interrompus à l'engagement des hostilités et l'on peut lire sur la façade " relâche indéterminée ". L'armistice ne se prête pas à la reprise immédiate de l'activité, la guerre ayant éclairci les rangs masculins des choristes. En 1905, sur proposition de Justin Boyer, directeur du Capitole, le conservatoire se dote d'une " école de chœurs ". La déclaration de guerre en 1914 entraîne la fermeture du théâtre, plongeant les choristes qui ne partent pas dans une détresse profonde et un chômage douloureux.
A la Libération de 1945 se met en place le système de régie municipale directe encore en vigueur aujourd'hui. Le personnel voit ses salaires relevés de façon substantielle et les choristes, qui jusqu'à cette époque étaient payés au service, sont rémunérés mensuellement. Pour la première fois dans l'histoire du théâtre du Capitole, un semblant de sécurité leur est accordé. Ce sont les débuts modernes du chœur.
Guy Lhomme en est nommé chef et le restera pendant 40 années. Marcel Séminara lui succède, puis Gunther Wagner de 1990 à 1991. De 1991 à 2003, le chœur du Capitole est dirigé par Pierre Iodice.
Placé depuis septembre 2003 sous la direction de Patrick Marie Aubert, le chœur du Capitole est formé de 45 artistes permanents auxquels peuvent se joindre 30 choristes supplémentaires selon les besoins des productions. La moyenne d'âge des membres du chœur est actuellement de 44 ans. Un chœur d'enfants est également constitué ; il intervient chaque fois que les ouvrages le nécessitent.
Les artistes du chœur du Capitole participent à la saison lyrique du théâtre, aux enregistrements avec l'orchestre national du Capitole ainsi qu'à des concerts en France et à l'étranger. Ils sont recrutés sur audition individuelle et selon des critères techniques de haute exigence. Chacun d'eux est un artiste accompli, familier des répertoires les plus délicats et d'un grand nombre de langues. Sur scène, ils forment un ensemble homogène et chantent comme une seule voix. Formidables comédiens, excellents chanteurs, ils sont les forces vives du théâtre.
